Blog Pascale 2011

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blog.

Voici un extrait:

Un métro New Yorkais contient 1 200 personnes. Ce blog a été visité environ 8 000 fois en 2011. Si c’était un métro New Yorkais, il faudrait à peu près 7 voyages pour transporter autant de personnes.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

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Au revoir

La valise est presque bouclée et je m’apprête à prendre l’avion dans l’autre sens, avec un petit arrêt à Montréal avant de rentrer dimanche. Comme ces chevaux du Bd Champlain, le temps a galopé très vite, c’est peu dire que je ne me suis jamais ennuyée.

Je ne vais donc plus achaler personne avec mes comptes-rendus de promenades québécoises, vous pouvez respirer, c’est fini ! Dommage, j’aurais vraiment aimé continuer encore un peu (pas à vous achaler mais à me promener). Je réalise que ce blog, au départ ouvert pour donner de mes nouvelles sans trop me répéter, m’aura vraiment tenu compagnie. Il m’a poussé à me poser des questions, à regarder les choses d’un œil plus curieux que si je n’avais pas voulu partager tout ça et j’ai surtout bien aimé les échanges qui se sont établis avec ceux qui me faisaient le plaisir de me lire. Merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont encouragé à continuer !
Un grand merci aussi à toutes les personnes qui ont généreusement donné de leur temps pour me faire connaître leur pays : à pied, à skis, en raquettes, en crampons, à vélo, en kayak ou en voiture ! J’ai adoré découvrir le Québec en les accompagnant ou en suivant leurs conseils. Dans la séquence « spéciale dédicace » (et dans l’ordre d’apparition à l’écran !), j’ai une pensée particulière pour :

–       Jacques qui m’a fait assez confiance pour me prêter sa belle maison
–       François, Aline, Louis, Lucie et toute la nombreuse famille Leduc qui m’ont si chaleureusement accueillie à mon arrivée (sans oublier Nicole, ma « banquière personnelle » !)
–       Carole, qui a veillé attentivement sur moi tout l’hiver et entrainé dans ses expéditions sportives de fin de semaine avec Lyne
–       Hélène, ma partenaire de randonnées en bicycle
–       Claire 1, ma pétulante voisine, et Claire 2, la « méditante souriante » de Limoilou
–       Anne-Marie avec qui je n’ai jamais vu le temps passer pendant qu’on discutait de tout
–       Suzanne et Alain de Nuit Blanche (non ce n’est pas une boîte de nuit, c’est une maison d’édition)
–       Jean-Guy pour la très belle visite de Montréal qu’il m’a permis de faire avec lui
–       Pierre et Dominique, partagés entre le Québec et la France, mais toujours disponibles quand ils étaient là
–       Michelle et sa fille Marie-Annick qui m’ont mis en contact avec « les français de Québec » ; merci à Jérôme pour l’invitation à la journée de l’Europe !
–       Jude et Carole (2) pour la belle journée dans l’érablière de St Jean Port Joli
–       Yvon-André et Claire (3) pour me permettre de finir mon séjour à Montréal
–       Marc pour s’être si gentiment occupé de moi lors de mon voyage dans le « petit nord » québécois
–       mes visiteurs français (Sarah, Alain, Monique et Gilles) qui ont fait un long voyage pour venir me voir
–       Jacqueline qui, même à distance, a su m’offrir toute sa connaissance du Québec et m’a introduit dans son réseau familial et social.

Comme on dit dans ces cas là, merci de me pardonner si j’oublie quelqu’un. Et dire que je partais faire une cure de solitude dans la neige. On dirait que la vie s’est chargée de remplir le vide et c’est très bien comme ça.

Au revoir           /             Meegwetch

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Shakespeare chez les amérindiens

amphithéâtre Wendake

Je suis assise dans l’amphithéâtre extérieur de Wendake, à 15 mn de Québec, face à la forêt, avec le bruit discret de la chute Kabir Kouba en fond sonore. Il fait nuit et d’un seul coup la forêt se colore en bleu, une créature se balance en haut d’un arbre en chantant une mélopée amérindienne, la scène se transforme en océan déchaîné, les éclairs illuminent le ciel… Tel est le décor dans lequel commence la pièce de Shakespeare, La Tempête, mise en scène par Robert Lepage dans ce village amérindien. Il était d’ailleurs là pour présenter la première de la pièce dans ce lieu près duquel il a une maison, inespéré !

Robert Lepage

Depuis que je suis devenue une fan absolue de cet artiste aux mille talents, je ne rate pas un de ses spectacles ! La face cachée de la Lune, Lypsinch, Le Moulin à Images

Le Moulin à Images 2011

et maintenant la Tempête, à chaque fois la magie opère car il a le don de créer des ambiances fascinantes. A partir d’une histoire un peu naïve (le duc de Milan vit avec sa fille sur une île « sauvage » et voit débarquer des naufragés qui ne sont autres que les traîtres qui l’ont écarté du pouvoir), il réussit à placer l’histoire de la colonisation en arrière-plan. Coïncidence, cette pièce a d’ailleurs été écrite l’année de la fondation de la ville de Québec, en 1608. Le fait que Shakespeare soit traduit en québécois accentue l’appropriation de la pièce : j’ai été parfois surprise d’entendre les acteurs avoir peur de se faire poigner ou enfirouaper !

Je suis vraiment frustrée de partir en fin de semaine, juste au moment où le festival de Québec commence. J’ai toujours détesté que l’on fasse la fête sans moi ! Je me consolerai en allant à Avignon en rentrant applaudir mon amie Monica dans son spectacle Piazzolla Urbano mais en attendant, je vais quand même essayer d’aller voir le Cirque du Soleil ce soir, on se couche tard à Québec l’été…

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Québec estivale

Suis-je vraiment dans la ville où je suis arrivée en janvier dernier ? Parfois j’en doute, tellement les paysages et l’ambiance de Québec ont changé. Partout où je passe, des images de l’hiver se superposent dans ma tête à celles de l’été : le contraste est incroyable. Pour me persuader que je n’ai pas rêvé, il me faut comparer des photos prises au même endroit à 6 mois d’intervalle.

Comme j’ai été beaucoup en voyage ces dernières semaines, je n’ai pas
vu arriver la saison touristique : des touristes polyglottes à calotte et camisole ont soudainement rempli les rues et se rafraîchissent dans les fontaines, les camions-campeurs (décidons d’abandonner définitivement l’affreux terme de ‘camping car’) réquisitionnent le stationnement de la gare, les musiciens de rue animent le vieux Québec, les terrasses fleuries ont envahi les trottoirs, les spectacles sont si nombreux qu’il y a l’embarras du choix, traverser les pistes cyclables à pied devient un aiguise-patience tellement elles sont fréquentées (un atelier de réparation de vélo s’est même installé devant l’entrée de la bibliothèque), les drôles de chaises du bord de la rivière invitent à rester prendre le soleil… Une méchante transformation !

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Je suis cependant contente d’avoir découvert Québec l’hiver, quand tout était encore calme et immaculé. On développe vite un sentiment d’appartenance quand on réside quelque part : je me surprends à éviter les quartiers trop fréquentés par les touristes. Et moi, je suis quoi ?! En tout cas je me sens différente de ce que j’étais en arrivant : plus ouverte, plus capable d’apprécier « maintenant » sans penser à « demain ». Une vraie victoire sur moi-même, ouf, pourvu que ça dure.

PS Moins d’une heure après avoir écrit ces lignes, je me faisais voler ma montre laissée imprudemment dans un sac au bord de la piscine. Un coup du destin pour vérifier que je disais vrai, que je n’aurai plus jamais peur d’être en retard comme dans un rêve que je fais souvent ? Même pas mal, tout va bien !

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La tête dans les nuages

Avant de partir, je voulais pousser mes explorations aux quatre points cardinaux. J’avais suivi plusieurs fois le St Laurent à l’Ouest (vers Montréal) et à l’Est (vers l’océan), j’avais fait une incursion dans les territoires du Nord la semaine dernière, je suis donc partie au sud pour ma dernière petite expédition : dans les Montagnes Blanches, à la frontière du Maine et du New Hampshire. Moi qui ne voulais pas mettre le pied aux Etats-Unis, j’étais à 4 km de la frontière, il ne fallait pas se tromper de sentier…
Deux jours à enchaîner les dénivelés avec ma charmante et très joyeuse voisine, Claire, grâce à qui nous n’avons jamais senti la fatigue tellement nous avons placoté sans arrêt. Aucune chance de surprendre des ours, ils devaient nous entendre jaser à un km à la ronde. Pourtant, grimper à la suite sur le Mont Joseph (1065m), le Mont Mégantic (1105 m) et le Mont Gosford (1193 m), c’était un peu plus qu’une balade de santé, surtout pas une sortie de ‘moumounes à talons hauts’ ! Ces randonnées sont réputées pour des panoramas à « couper le souffle » comme on dit dans les guides. Du haut du Gosford, on aurait même dû apercevoir le Mont Washington. Enfin, c’est ce qui était marqué sur les cartes qui figuraient à l’observatoire. Manque de chance, le brouillard nous a accompagnées presque tout le temps. A peine s’est-il déchiré quelques minutes pour qu’on puisse réaliser qu’on était en effet perchées au sommet d’une chaîne de montagnes. Mais aussitôt le rideau de nuages s’est refermé. Même pas déçue, j’ai adoré l’ambiance très mystérieuse de la forêt humide et brumeuse ainsi que le côté lunaire qui nous est apparu au sommet où les cailloux règnent en maître.

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Pour prolonger l’impression d’être sur une autre planète, nous avons fait au retour un détour par la ville de Thetford Mines, un très ancien site (mais toujours en activité) d’exploitation de la chrysotile, une sorte d’amiante. Ici les montagnes de gravats dépassent les montagnes naturelles, la végétation peine à se réimplanter sur les pentes mêmes si les carrières font progressivement place aux lacs. Pas gai du tout comme paysage mais un endroit impressionnant c’est sûr.

Séquence « Petit Fûté » pour terminer : pour les québécois (ou les autres) qui passeraient à Notre Dame des Bois, à côté du parc Mégantic, j’ai une adresse à recommander chaleureusement, le Magasin Général : une très ancienne maison qui fait à la fois épicerie, pâtisserie, magasin de confitures, restaurant (délicieux) et…qui vend des antiquités avec un choix d’objets incroyable. Les propriétaires organisent aussi des concerts dans cette maison l’été. Incontournable.

Je suis à J-8 de mon départ du Québec et les jours défilent beaucoup trop vite, j’aime ce pays et je vais avoir du mal à m’arracher d’ici.

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De lac en lac

« S’il y a trop de bruit, on change de lac » ; c’est une phrase qui m’a fait rire quand je l’ai entendue prononcée par Marc (passé avec aisance du rôle de guide à moniteur de kayak) sur le lac Gilman à côté de Chibougamau. C’est vrai qu’il y a l’embarras du choix dans la région : les lacs s’enchaînent les uns aux autres, reliés par des rivières où les castors construisent leurs huttes et leurs barrages, nous obligeant à les escalader soigneusement pour ne pas les abîmer. Les traces de dents bien visibles à l’extrémité des arbres coupés sur les rives témoignent de leur ardeur au travail.
Excellente discipline pour les gens un peu nerveux comme moi le kayak (j’en vois qui comprennent ce que je veux dire) : un déplacement trop rapide et hop, à l’eau. C’est un bon moyen d’apprendre à rester immobile en se contentant d’écouter les oiseaux et de prendre des photos ! Le supplice n’a pas été difficile à supporter, le décor étant trop magnifique pour ne pas avoir envie de le contempler longtemps. Même si un énorme incendie a dévasté la forêt autour de Chibougamau en 2006, la végétation a repris, l’équilibre se remet en place peu à peu.

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Sur un autre lac, j’ai assisté à la fin d’un concours de pêche au doré (Sander vitreus, un poisson de la même famille que le sandre) qui a l’air d’attirer toutes les convoitises. Un peu estomaquée de voir tous ces bateaux super équipés faire la queue en même temps que les énormes 4×4 venus les tirer hors de l’eau. Au bilan, ça fait quand même beaucoup d’argent (et de pétrole) dépensés pour avoir le plaisir de venir peser ses prises avant de les remettre à l’eau… Je préfère nettement le kayak.

Pour ceux qui se poseraient la question : je suis rentrée sans UNE piqûre de moustique. Bon d’accord, j’ai fait de la prévention active : veste en filet (merci Carole) + pulvérisation de Watkins®, le produit local de référence, mais c’était plus pour me rassurer qu’autre chose. Décidément, je conseille fortement la région de Chibougamau/Oujé-Bougoumou comme destination de vacances…

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Oujé-Bougoumou : un village Cree

Rentrée à Québec. En ayant prolongé mon séjour dans le « petit Nord québécois » parce que vraiment, je n’arrivais pas à partir. Mon idée de départ était d’en savoir plus à propos de l’habitat écolo en territoire amérindien. Mais j’y ai trouvé autre chose de plus important. Oui, c’est vrai, le village se chauffe partiellement au bois : 40 m3 de déchets de bois des industries forestières locales sont brûlés tous les jours pour chauffer de l’eau chaude qui conduit ensuite la chaleur vers les maisons. Avec l’université Laval à Québec, le village d’Oujé-Bougoumou est le seul à utiliser ce type de chauffage à grande échelle. Mais ça ne suffit pas pour en faire un modèle : l’entretien du système laisse à désirer : 350 000 $ sont dépensés annuellement pour acheter du fuel qui prend le relais à chaque fois que la chaufferie bois s’arrête. Peut faire mieux c’est sûr. Mais comment demander à des gens sédentarisés depuis très peu de temps (Oujé a été créé en 1992) de s’adapter aussi vite aux nouvelles technologies et surtout à un mode de vie et de pensée qui n’a jamais été le leur ?

Au début des années 1970, ces gens se sont battus pour défendre leur terre et leurs droits face à la menace énorme qui pesait sur eux : que leur mode de vie de chasseurs /pêcheurs/trappeurs soit complètement anéanti par le remodelage complet de leur territoire à cause des gigantesques projets hydroélectriques qui se développaient autour de la Baie James. Déviation du cours des rivières, construction de routes qui coupaient leurs forêts, édification d’énormes barrages et des centrales pour aller avec, inondation des vallées… Des projets pharaoniques visant à fournir de l’énergie à 5 millions de québécois face à des revendications jugées exorbitantes de la part de quelques milliers de personnes à qui on disait que « leurs droits n’étaient que des privilèges qu’on pouvait abolir n’importe quand ». Dans ces conditions, comment espérer obtenir quelque chose ? Et pourtant ils y sont arrivés, à force de volonté et de détermination. Pas à arrêter les projets hydroélectriques mais à faire reconnaître des territoires comme les leurs. En 1975, ils ont obtenu des compensations financières qui s’évaluent en milliards de $. L’argent est aujourd’hui géré par le Cree Regional Authority (CRA) qui le redistribue aux villages en fonction de leurs besoins.
Voilà pour l’histoire récente dans laquelle j’ai plongé depuis 3 jours. Et qui m’a aidé à comprendre l’univers surréaliste dans lequel je suis entrée brutalement : un village d’à peine 800 habitants qui possède une piscine quasi-olympique (vide), une aréna sur laquelle un enfant jouait encore au hockey fin juin, un court de tennis/base-ball (désert), un gymnase en projet, une auberge de 12 chambres très confortables (j’étais la seule cliente) et qui prévoit de doubler sa capacité prochainement, un palais de justice en cours, et surtout, un splendide musée en cours de finition dont l’architecture ressemble à un bateau renversé, tout en bois. Superbe.
Mais où sont les habitants ? En ce jour de fête nationale, j’en ai rencontré quelques uns dans un lieu beaucoup plus modeste, un peu à l’écart du village. Une sorte d’atelier/lieu de vie collectif où une famille et ses amis étaient tranquillement en train de fabriquer des raquettes traditionnelles en bouleau, avec des lanières coupées dans de la peau de caribou. Le père, John, a voulu m’apprendre à tailler le bois, il a proposé en riant de faire un bras de fer avec moi (c’est un champion local, cf les biceps sur les photos !). Eleanor, la mère, m’a appris à écrire mon nom en Cree, Casey le fils m’a offert une petite rame en bois, la fille, Faith et son amie décoraient leurs cheveux avec des copeaux de bois… J’ai été conviée à manger de l’esturgeon avec eux et la journée a passé très vite : Indian time on appelle ça il paraît… C’était simple, calme, joyeux et très émouvant pour moi. De vraies belles rencontres humaines.

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Un immense merci à Marc, qui s’était proposé pour me servir de guide alors qu’il ne travaillait pas ce jour là (et que son travail n’a rien à voir avec le tourisme, il dirige tous les travaux publics au village) et qui m’a permis de vivre ces moments. Son expérience, sa générosité et sa joie de vivre m’ont énormément touchée. En espérant qu’il ne m’en veuille pas, j’ai mélangé ici nos photos.
En Cree, merci se dit Meegwetch.

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